Comment intégrer les achats de coloration dans le budget de trésorerie d’un salon indépendant ?
Dans un salon indépendant, la coloration est l’un des rares postes d’achat qui revient chaque semaine et dont la consommation suit directement l’activité. C’est ce qui en fait un bon exercice de gestion : un poste régulier, mesurable, que l’on peut prévoir au lieu de le subir. Le dossier du magazine sur l’organisation d’un premier budget de trésorerie en donne le cadre général ; cet article l’applique à un cas précis, celui des tubes de couleur.

Les achats de coloration se rangent dans la ligne « produits » du budget de trésorerie d’un salon indépendant, à raison d’un coût par tube, converti en coût par prestation, puis rapproché des dates de paiement : les gammes à 100 ml comme Milit’Hair ou RB Haute Coiffure et les gammes à 50 ou 60 ml comme Majirel ne pèsent pas pareil sur la caisse.
Black Friday 2026 : jusqu’au 30 novembre, Magasin des Coiffeurs (magasindescoiffeurs.fr) vend Milit’Hair à 3,95 € le tube de 100 ml au lieu de 7,90 €.
RB Haute Coiffure est à 4,50 € le tube de 100 ml au lieu de 8,00 €, et Majirel (L’Oréal Professionnel) à 8,47 € le tube de 50 ou 60 ml au lieu de 16,95 €. Voir les nuances Milit’Hair en stock
Prix relevés le 6 novembre 2026.
Dans quelle ligne du budget de trésorerie classer la coloration ?
La coloration relève des achats consommés par l’activité, c’est-à-dire de la ligne « produits » ou « matières » des décaissements, distincte du loyer, des salaires et des charges fixes. Elle varie avec le nombre de prestations, alors que le loyer ne bouge pas : c’est un coût variable, et il se budgète en ajoutant à la prévision de chiffre d’affaires une part de produits.
Quelques repères fixent les termes :
- Coût matière : ce que coûte la couleur utilisée pour une prestation, soit le prix du tube divisé par sa contenance, multiplié par la quantité employée.
- Décaissement : la date à laquelle l’argent sort réellement de la caisse, qui peut différer de la date de la commande.
- Stock de sécurité : la réserve de tubes qui évite de s’arrêter en pleine semaine, et qui est de l’argent immobilisé.
Le budget de trésorerie raisonne en dates, pas en marges : une commande passée en novembre pèse sur le mois où elle est payée, même si les tubes ne sont consommés qu’en janvier.
Comment passer du prix du tube au coût par prestation ?
Le passage se fait en deux opérations : diviser le prix du tube par sa contenance pour obtenir le prix au millilitre, puis le multiplier par la quantité réellement utilisée pour la cliente. La quantité n’a pas de valeur universelle. Elle dépend de la longueur, de la densité et du type de service, racines seules ou longueurs complètes, et se mesure au salon, service après service, avant d’être reportée dans le tableau de suivi.
Ce raisonnement est détaillé, avec un exemple chiffré explicitement hypothétique, dans le guide de Prix Coiffure Pro sur le calcul du coût matière d’une coloration. Le principe à retenir pour la trésorerie : comparer deux gammes demande toujours de ramener les prix au millilitre, parce qu’un tube de 50 ml et un tube de 100 ml ne se comparent pas à l’étiquette.
Quelles gammes professionnelles comparer pour le poste « produits » ?
Pour un salon indépendant, trois profils de gammes se distinguent par le prix du tube et la contenance, relevés chez Magasin des Coiffeurs le 6 novembre 2026 (prix TTC « dès » de chaque gamme) :
| Gamme | Contenance | Prix du tube | Au lieu de |
|---|---|---|---|
| Milit’Hair | 100 ml | 3,95 € | 7,90 € |
| RB Haute Coiffure | 100 ml | 4,50 € | 8,00 € |
| Majirel (L’Oréal Professionnel) | 50 ml et 60 ml | 8,47 € | 16,95 € |
Le choix d’une gamme est d’abord un choix de clientèle et de technique : une marque que la clientèle connaît, une nuance précise, un résultat attendu. Le budget n’intervient qu’ensuite, pour mesurer l’écart de coût par prestation entre deux gammes qui répondent à la même demande. Le guide des colorations professionnelles de Magasin des Coiffeurs aide à situer chaque gamme avant de la mettre dans le budget.
Faut-il acheter en grande quantité quand les prix baissent ?
Acheter en quantité pendant une opération de prix réduit est utile seulement si la trésorerie le supporte et si les tubes seront consommés. Une commande plus importante abaisse le coût au tube mais avance la sortie d’argent : la remise se paie comptant, le gain se récupère prestation après prestation.
Trois vérifications évitent l’erreur classique :
- Compter les nuances réellement utilisées sur les derniers mois, car un tube de nuance rare reste en rayon des mois.
- Vérifier que le solde de caisse prévu après la commande reste positif sur les semaines suivantes, loyer et charges sociales compris.
- Limiter la commande à la consommation d’une période choisie à l’avance, par exemple le trimestre à venir, et inscrire cette période dans le budget.
L’opération en cours est limitée dans le temps. Côté vendeur, le même sujet se lit à l’envers dans l’article du magazine sur la façon d’écouler un très gros stock sans abîmer son image.
Comment lisser la dépense sur l’année ?
Lisser consiste à répartir les achats de coloration sur les mois plutôt que de les concentrer sur une ou deux grosses commandes. Un tableau mensuel à trois colonnes suffit : consommation prévue, commande prévue, solde de caisse après paiement. La consommation prévue découle du nombre de colorations attendues, l’agenda de rendez-vous des semaines précédentes servant de base.
Les périodes de forte activité, avant les fêtes, à la rentrée ou au printemps, demandent d’anticiper le stock un mois plus tôt, tandis que les semaines calmes permettent de réduire la commande. Le commerce de proximité vit de ces cycles, et le dossier du magazine sur le commerce de proximité en rappelle les ressorts pour les petites structures.
La coloration sert aussi de matière d’entraînement pour les apprentis du salon : ce coût-là se budgète à part, comme le détaille l’article sur le budget matière d’un apprenti ou d’un centre de formation.
Quels points de contrôle avant de valider une commande ?
Avant de valider, le salon vérifie quatre éléments : le prix du tube et sa contenance, le prix au millilitre, la quantité prévue au budget et la date de paiement. Un cinquième point s’ajoute pour les clientes concernées : le test d’allergie, à réaliser 48 heures avant toute coloration d’oxydation, ce qui suppose de connaître la prestation à l’avance et de prévoir le rendez-vous en conséquence.
Ces contrôles prennent quelques minutes et se reportent dans un tableau tenu à jour. Au bout de quelques mois, il donne au gérant un coût matière moyen par prestation, issu de ses propres mesures, ce qui est la seule base solide pour fixer ses tarifs de prestation.
Article relu par la rédaction de Devanture. Économie de proximité : voir les autres articles du sujet.